Je rends grâce pour toutes les rencontres que j’ai faites à l’hôpital. J’aimerais vous confier Francesca, une femme de l’hôpital que je voyais tous les mercredis ces deux derniers mois. Elle a le SIDA et est venue à l’hôpital car elle a été mise à la porte d’un centre pour personnes en difficulté où elle habitait. Elle doit régulièrement faire des traitements. Elle a donc choisi de le faire à cette période, n’ayant plus de logement. Un jour, j’entre dans la chambre qu’elle partage avec Anna, une femme ayant le SIDA en train de mourir d’un cancer. Francesca, ayant peur qu’elle s’endorme et qu’elle ne se réveille plus, interrompt fréquemment notre conversation en interpellant Anna afin de l’empêcher de s’endormir. Puis, elle lui propose de manger un yaourt. Je vois alors Francesca, toute maigre, tenant mal sur ses jambes, ayant un bras paralysé, s’approcher d’Anna et lui donner, bouchée après bouchée du yaourt, avec patience et tellement d’amour. Je vois la malade servir la malade, le pauvre servir le pauvre, Francesca servant Anna qui a faim, servant le Christ qui a soif. Je suis interpellée par cette scène, par la douce présence de Francesca qui m’ouvre à une autre présence plus mystérieuse, à un amour plus grand.

Ainsi, je souhaite conclure cette lettre en citant Catherine de Hueck, qui résume très bien ce qu’il m’a été donné de vivre, ce que j’ai peut-être pu donner à quelques amis de Procida et ce que j’espère, nous chercherons toujours plus à vivre : l’hospitalité du cœur.

« L’hospitalité du cœur cela signifie qu’on accueille les autres, tous, comme ils sont et qu’on les laisse s’installer comme chez eux dans notre cœur. Se trouver chez soi dans le cœur d’un autre, cela signifie toucher l’amour du doigt, l’amour d’un frère ou d’une sœur dans le Christ. Et toucher l’amour d’un autre signifie prendre conscience que Dieu nous aime. Car c’est par l’autre, notre prochain, notre frère que nous pouvons commencer à comprendre l’amour de Dieu. »

Charlotte — Italie