La vie en communauté n’est pas l’élément le plus facile à vivre de la mission. Il est aisé d’être compatissant, patient et charitable avec un pauvre, malade et solitaire, vivant dans une masure. Il est beaucoup plus difficile de faire preuve de ces qualités avec son frère et sa sœur de communauté dont tous les petits défauts nous picotent à longueur de journée. Le grand effort qu’il y a à faire au départ est donc celui d’occulter ce qui agace pour voir le bon et aimer cette personne inconnue hier et devenue aujourd’hui mon frère ou ma sœur. La vie de communauté est un bon lieu pour apprendre l’humilité, pour apprendre à écouter les conseils des autres. Au cours de ces sept derniers mois, j’ai découvert et appris beaucoup. D’un regard parfois critique, notamment à l’égard des habitudes culturelles des autres, à l’opposé de l’éducation que j’ai reçue (ne serait-ce qu’à propos de la façon de se tenir à table), je suis passée à un regard plus ouvert et plus compréhensif. La vie communautaire est notamment basée sur le fait que nous sommes tous là pour la même œuvre, la même mission, et que d’une façon ou d’une autre notre départ a été une réponse à un même appel venu d’en-haut. Ce fait contribue à créer l’harmonie entre nous. Nous prenons conscience que nous ne sommes pas là pour vivre selon notre petite volonté mais pour quelque chose de plus grand et de commun, et cela permet le miracle de la vie commune. Je parle de miracle, parce que dans un contexte « normal », la vie communautaire de quatre filles et un garçon qui ont entre vingt-deux et trente-huit ans et sont de quatre nationalités différentes ne se passerait sans doute pas aussi bien ! Ainsi, la vie communautaire est une belle expérience qui vaut la peine d’être vécue, et je suis heureuse d’avoir rencontré ceux avec lesquels j’ai vécu et ceux avec lesquels je vais encore vivre jusqu’au 18 juillet. S’aider dans les coups durs, accompagner l’une chez le médecin, préparer le plat que préfère celle-là… chaque petit geste du quotidien a du sens, et l’on reçoit beaucoup en servant.

Claire-Marie — Equateur