Marie vient de passer presque deux mois dans le prieuré des Soeurs de Points-Coeur au Pérou, qui accueille pendant tout l’été différents groupes d’enfants venant des quartiers pauvres où se trouvent les Points-Coeur ou des villages avoisinant.

Dès mon arrivée, je me mets dans le bain en intégrant le camp en cours, et mes journées furent bien remplies pendant ces quarante-sept jours de mission : huit camps de trois jours, cent jeunes et enfants accueillis (environ), seize feux de camp, vingt-quatre gélatines (dessert officiel du déjeuner), 960 photos… Mais bien plus que des chiffres, les camps sont surtout pour les jeunes un temps pour s’amuser et pour goûter un peu à la tranquillité de la vie à la campagne auprès de Dieu. Chaque camp, de trois jours chacun, possède à peu près le même programme : prière, olympiades, grand jeu, activité bricolage (confection d’icônes, de masques, d’objets en pâte à sel, de dessins, etc.), jeux (babyfoot, pingpong, UNO, mille bornes, etc.), feux de camp (autour desquels nous chantons, nous jouons, et… mangeons des marshmallows ; eh oui, c’est universel !), balades. Et surtout, l’activité la plus attendue : la sortie au « Rio », le fleuve voisin, qui fait le bonheur de tous !

Un point qui m’a vraiment marquée pendant ces camps, c’est la tranquillité des activités. Nous prenions le temps de faire chaque chose. Bien sûr, quand on a vingt-huit enfants à charge, c’est forcément un peu la course. Mais tout de même, le but n’était pas de courir après les activités, faire le plus de choses possible. Non, il s’agissait simplement de vivre chaque chose intensément, de manière posée. Cela m’a bien surprise au début, car en France, nous voulons faire des milliers de choses différentes, et finalement nous courrons partout, sans profiter pleinement de chaque chose. J’ai aussi appris à voir Dieu en chaque petite chose, chaque petit service, et mon cœur s’est éveillé à la présence de Dieu : il est partout ! Dans toutes ces personnes venues bénévolement aider à faire la cuisine, dans le sourire et les rires des enfants, dans la nature luxuriante nous entourant, dans ces oiseaux multicolores qui chantent toute la journée, dans cet enfant venu me demander pardon après m’avoir insultée, dans ce dessin offert par une jeune fille, dans tous les câlins des enfants qui m’accordent si rapidement leur confiance, dans l’accueil et la bienveillance des Sœurs de Points-Coeur, dans l’entraide entre les enfants lors des jeux, dans ces jeunes réunis pour prier un chapelet, dans la détresse de cette jeune fille qui explose en larmes, nous racontant l’environnement violent et extrêmement pauvre dans lequel elle évolue, dans ces enfants qui, au moment de partir, demandent à rester dix jours de plus, dans ces laudes récitées en haut d’une colline à 7h du matin après quarante minutes de marche devant un paysage à couper le souffle, dans ces jeunes garçons qui mettent tout leur cœur à chanter et jouer pour le Seigneur, dans ces jeunes enfants venus spontanément proposer leur aide, etc. Les camps ont été un temps de partage profond dans une simplicité déconcertante. J’ai réappris à vivre. A vivre d’Amour avec mes frères.

Marie — Pérou