Plus les mois passent, plus je suis frappée de voir combien il m’est donné d’apprendre et de recevoir des amis de Procida. Je suis touchée de la simplicité de certains à nous faire confiance, à raconter leurs histoires, à dire qui ils sont, à se dévoiler. Ils osent se montrer vulnérables et dépendants d’une présence et ont compris qu’ils ne peuvent se suffire à eux-mêmes. Maria Grazia est une dame de soixante-cinq ans dont nous sommes très proches. Son mari est mort il y a plus de deux ans. Elle habite seule dans une grande maison et elle admet que ce soit sa télé et son gros chien qui lui tiennent compagnie. Nous nous voyons souvent pour un déjeuner chez elle ou chez nous. Un après-midi, Giuliano et Belen se sont rendus chez elle pour la visiter. Ils ont tout de suite vu qu’elle n’allait pas bien et qu’elle était triste. Elle nous a invités à rester pour le dîner. A la fin du dîner, elle nous a raconté qu’elle avait passé une très mauvaise journée et a remercié Dieu de nous avoir envoyés chez elle à ce moment là parce que sans notre venue sa soirée aurait été bien morose. Elle m’apprend chaque fois l’humilité et la simplicité et me confirme l’importance de notre présence ici, même si je souhaiterais la visiter bien plus souvent et organiser plus de choses avec elle.

En effet, beaucoup d’amis ont la simplicité de dire qu’ils veulent nous voir, qu’ils nous attendent chez eux, qu’ils ne nous voient pas assez souvent. Souvent, je souhaiterais pouvoir être physiquement présente auprès de tous et il m’est très difficile de ne le pouvoir. Cependant, il est très beau de pouvoir prier pour tous et de les porter dans notre prière. Je suis toujours frappée lorsque des gens que nous ne connaissons pas, mais qui nous connaissent de vue ou connaissent quelqu’un que nous visitons, nous remercient d’être là, ou lorsque quelqu’un se réjouit que nous ayons visité une de ses connaissances – c’est-à-dire l’île entière car presque tout le monde se connaît !

Charlotte — Italie