Je ne peux laisser de côté le concert du 31 janvier chez nos amis Jean-Baptiste et Micheline, un couple franco-libanais expatrié à Chennai depuis trois ans.

Comme Jean-Baptiste est musicien, pianiste et organiste et Micheline excellente cuisinière, la soirée s’est créée autour de la musique et d’un buffet « cuisine du monde » (libanais, français, japonais, coréen…)

Pour élargir le répertoire et la gamme d’instruments, Jean Baptiste a fait appel à d’autres musiciens dont Corinne qui est excellente pianiste et avec qui il a notamment interprété plusieurs « quatre mains » merveilleux. Puis le Jazz a fait son entrée avec trompette, trombone et saxophone. Vous aurez peut être deviné que le saxophoniste n’était autre que l’auteur de cette lettre… Ce fut une expérience bien intéressante car Jean-Baptiste a su remettre en selle trois personnes qui avaient plus ou moins laissé leur instrument et leur talent « au clou ». Il a fallu pas mal de travail et de sueur mais peu à peu nous avons vu émerger un petit quartet – car beaucoup se joue dans la cohésion du groupe et dans sa joie de jouer ensemble. Et le soir venu, le concert fut vraiment réussi. La maison était comble avec une centaine d’invités qui écoutaient avec beaucoup de gravité. Bach, Mozart, Schubert, Duke Ellington… le répertoire évoluait dans le temps et nous transportait. A l’entracte, Père Olivier faisait une courte présentation de Points-Cœur et Chrisanne un petit témoignage sur sa mission qui en a touché plus d’un. A la fin du concert qui s’est achevé par quelques « bis » et des applaudissements nourris, le buffet n’a pas eu moins de succès et nous a permis d’aller à la rencontre de personnes connues et inconnues, pour la plupart des « expats » français, japonais ou américains. En fin de soirée, quelqu’un s’est mis au piano et bien vite un vrai « bœuf » de jazz s’est lancé pour la joie de beaucoup !

Le lendemain matin nous avons eu l’occasion de rendre grâce pour ce bel évènement dans le même lieu avec une belle messe qui a réuni un bon petit groupe de la quasi paroisse francophone de Chennai.

La musique se partage… alors nous avons reproduit une petite partie du concert pour tout un groupe d’enfants de ces familles. Puis le lendemain au Jardin pour notre communauté et tout un groupe d’enfants gitans et de jeunes du village voisin. L’expérience fut très réussie alors que nous nous demandions comment ils allaient apprécier un concert de musique occidentale qui est bien loin de la musique indienne. Au début nous avons d’ailleurs senti une hésitation dans l’assistance : les enfants commençaient à remuer sur leurs bancs, à bavarder… puis lors de l’interprétation d’une valse au piano quelqu’un a eu la bonne idée de taper dans les mains et alors le miracle s’est produit : ils se sont laissés prendre par la musique ! Et quand les cuivres sont entrés en scène ils étaient déjà conquis ! A la fin tous ont voulu essayer ces instruments à eux inconnus et en rentrant chez eux ils n’avaient de cesse de parler avec enthousiasme de cette  « poutre de bois sur laquelle on tape pour qu’elle fasse de la musique » ou de ce « soufflet avec des touches dans lequel on souffle pour obtenir un son » !

Pierre-Marie – Inde