Je voulais vous confier Barbara et sa mère Suzanne. Je les ai connues, il y a un mois, à l’hôpital et j’avais beaucoup échangé avec la maman. Sa fille de 14 ans, gravement malade et alitée, dormait dans le lit, à côté. Comme elle aime particulièrement ND de Lourdes, je lui avais promis que nous irions un jour ensemble à la reconstitution de la grotte de Lourdes qui se trouve à Buenos Aires pour prier pour sa fille. Début février, Suzanne m’envoie un message déchirant car sa fille est au plus mal, Barbara veut se laisser mourir et ne mange plus car elle ne croit plus qu’elle s’en sortira. Je l’appelle aussitôt et après s’être un peu apaisée, je lui promets d’aller la voir la semaine suivante, le 11 février en la fête de ND de Lourdes pour prier ensemble à la chapelle de l’hôpital.

Le 11 février, j’arrive et le sourire de Suzanne m’accueille. Elle m’attendait dehors. Nous entrons voir Barbara. Elle allait un peu mieux que la semaine précédente. Sa mère insiste pour qu’elle se lève et qu’elle aille avec nous à la chapelle, lui rappelant qu’elle lui avait promis. Mais Barbara ne veut pas bouger. Enfin après une bonne demi-heure d’arguments, elle se décide à se lever et à s’assoir dans la chaise roulante pour aller jusqu’à la chapelle. Sa mère est radieuse car c’est la première fois qu’elle se lève et sort dehors. A ma grande surprise, tous les enfants internés dans ce pavillon nous suivent ainsi que deux séminaristes de passage pour une semaine à l’hôpital. La maman n’avait pas seulement préparé sa fille à ma visite pendant toute la semaine mais elle avait aussi invité à tous les autres du pavillon! Elle attendait vraiment ce jour de la fête de ND de Lourdes avec beaucoup d’espérance. Nous arrivons à l’autre bâtiment et rentrons dans la petite chapelle avec les enfants. Les deux séminaristes animent aussitôt un temps de prière avec la guitare et un petit commentaire de l’Evangile. Le prêtre arrive et demande à Barbara si elle veut recevoir la communion et si elle veut se confesser. Barbara ne dit rien. Alors le prêtre lui dit que si elle veut, il peut revenir le samedi. Elle accepte. Au retour, nous parlons longuement de la confession et de la communion car cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas vécu ces sacrements qu’elle ne se souvenait plus très bien de ce qu’ils signifiaient. Vraiment, à la fin de cette visite, j’ai été bouleversée par l’espérance de Suzanne. Elle attendait avec un si grand désir ce jour qu’elle l’avait préparé avec soin, avec une foi à déplacer les montagnes! J’imagine combien la Vierge et le Seigneur en ont été touchés aussi et combien de grâces ils ont eu la joie de pouvoir leur donner : “Va, ta foi t’a sauvée.”

Sr Maylis —Argentine