Pour son dernier soir parmi nous, Père Guillaume a eu le désir de visiter la cathédrale orthodoxe. Il est un peu tard et l’église est fermée, mais, voyant ce désir si grand du père, j’essaie de parler avec quelqu’un pour qu’il nous ouvre les portes. Après un moment, arrive un prêtre orthodoxe qui nous ouvre les portes avec une grande disponibilité, allume les lumières et met une musique orthodoxe, tandis que nous sommes debout devant l’iconostase. Une des icônes vénérées en ce moment est celle de Pierre et Paul, qui représente l’Église catholique et l’Église orthodoxe. Le prêtre s’approche pour nous expliquer certains détails, et il entre en dialogue petit à petit avec Père Guillaume. Au cours de la conversation surgit une question : « Qu’est-ce qui sépare l’Église orthodoxe de la catholique ? ». Il réfléchit quelques minutes et répond : « Notre péché ». Mes yeux s’emplissent de larmes parce que je prends conscience que toutes les séparations qui existent dans le monde sont dues aux conséquences de notre péché ; cela fait mal et je pleure. En même temps, je vois à travers un geste, la Miséricorde en face de moi : Père Guillaume demande au prêtre orthodoxe sa bénédiction, et le prêtre orthodoxe demande la même chose. Maintenant, ce sont des larmes de miséricorde qui jaillissent : dans ce geste, l’Église catholique et l’Église orthodoxe sont une, la Terre et le Ciel sont un, mon péché et la Miséricorde sont un. Le Mystère se fait chair à travers cette rencontre, comme à Bethléem, sans bruit, durant la nuit, en présence de seulement quelques témoins : un prêtre orthodoxe, un prêtre catholique, une amie protestante réformée, Judith, Sœur Alix et moi. Cette nuit est différente de toutes les nuits, elle est emplie de sa Présence et mon cœur le reconnaît : quelle Joie !!!

Martha — Roumanie