Les communautés d’Inde sont partis à Calcutta pour un pélérinage sur les traces de Mère Teresa. Découverte des lieux où la grande aventure de la charité a commencé.

Si le premier après-midi à Calcutta nous permit de goûter un peu les charmes anciens de cette ville construite de toute pièce par les Anglais au 17ème siècle, dès le second jour nous participions à la messe de 6h avec les sœurs et nous nous mettions en route pour notre pèlerinage. Le lendemain : messe à 6 h avec les sœurs, au 54A Bose Road, la Mother House (Maison Mère) que Mère Teresa aimait tant. Pendant la communion un groupe de bouddhistes chinois fait des gestes de prosternation pendant dix minutes… L’accueil des sœurs se révèle charmant. Nous allons prendre un petit-déjeuner dans un boui-boui local puis nous nous mettons en marche vers différents lieux habités par la Mother. Nous recevons un accueil inespéré à Creek Lane, au deuxième étage d’une maison appartenant à une famille chrétienne, les Gomez, où Mère Teresa a passé ses toutes premières années et a accueilli les premières sœurs. C’est le neveu de Mr Gomez qui nous fait visiter les pièces poussiéreuses ornées de quelques photos. Lui-même a bien connu Mère Teresa.

Puis nous visitons Ste Teresa, la paroisse où se trouve aussi une école des Sœurs de Lorette (Congrégation dont Mère Teresa était originaire) et non loin de là le Shishu Bhavan, où à nouveau les sœurs nous accueillent très bien : une sœur nous accompagne dans les différents endroits, nous permettant de passer un moment avec les enfants qui y sont accueillis (certains sont handicapés, certains non). Les lieux sont vivants et bien entretenus. Comme partout, nous y trouvons beaucoup de volontaires. Visiblement c’est un véritable apostolat pour les sœurs : cette intuition de Mère Teresa de « mettre la main des pauvres dans la main des riches ». A la maison mère nous passons un bon moment : on peut y visiter la chambre de Mère Teresa et un petit musée. Les sœurs ne manquent pas de nous donner des images en tout genre et des médailles ! Pas mal de monde passe prier auprès de la tombe.

Dans l’après midi, nous nous dirigeons vers Kali Ghats, le temple le plus important de Calcutta dédié à la déesse Kali (déesse protectrice de la cité). Découverte surprenante : dans le temple, on égorge chaque jour des chevreaux pour apaiser la colère de la déesse ! Avec sa peau noire et sa langue tirée, elle représente la colère de Dieu contre le mal et l’injustice. C’est tout à côté de ce temple où se rassemblent de nombreux mendiants que Mère Teresa a ouvert son premier mouroir, Nirmal Hriday, qu’elle disait être « her first love » (son premier amour). Nous partons vite pour trouver le lieu où nous attend la Sr Nirmala, ancienne supérieure des Sœurs, celle qui a succédé à Mère Teresa quelques mois avant sa mort. Elle nous accueille dans un petit parloir. Elle est aujourd’hui âgée et nous parle de sa voix fluette mais avec passion de sa rencontre avec la Mère qui l’a accompagnée jusqu’au baptême puis lui a permis de rentrer chez les sœurs. On l’entend à peine : tous ont les oreilles tendues pour saisir ses paroles. Elle parle de manière simple mais on sent que cela lui fait du bien : elle vibre. Visiblement elle transmet quelque chose de la grâce de la Mère. D’autres sœurs me feront le même effet : elles sont comme habitées par la présence de leur fondatrice. Non pas comme quelque chose de superficiel mais comme si elles avaient reçu quelque chose de son esprit de joie et de foi, de sa simplicité.