Charlotte, volontaire fraîchement arrivée à Procida (Italie) nous livre ses premières découvertes sur cette île où paradis et désespérance se côtoient, et où les grands maîtres de Vie sont les personnes elles-même qu’elle veut servir.

La pauvreté des Procidanais ne saute pas aux yeux. Il y a peu de pauvreté matérielle sur l’île à la différence de la ville de Naples et de ses banlieues. Cependant, je commence à me rendre compte petit à petit des souffrances cachées des personnes et des paradoxes de Procida. C’est en offrant une présence gratuite et fidèle que les gens se confient peu à peu. Notre mission est vraiment d’essayer de se mettre à leur disposition, de les écouter, de prier pour eux et de leur offrir une amitié joyeuse et pleine d’espérance. Beaucoup plus facile à dire qu’à « faire », pardon qu’à « être » !

Ici, ma principale difficulté est d’accepter les incohérences et paradoxes de l’île. Celle-ci est petite, tout le monde se connaît et donc tout se sait. Les rues sont agitées, les gens se saluent, parlent fort, rient. Cependant, pour ne pas perdre la face, on cherche à cacher ses problèmes. Ainsi beaucoup souffrent de solitude et de ne pouvoir se confier : des femmes veuves dont les enfants ont quitté l’île, des femmes dont les maris sont en mer et d’autres rejetés à cause de leurs problèmes et vices et avec qui on ne veut pas être vus. La drogue et l’alcool sont ici de gros virus, dont il est difficile de guérir sur une petite île qu’on refuse de quitter.

J’ai beaucoup à apprendre des gens qu’il m’est donné de rencontrer. Le sud de l’Italie est très catholique. Les femmes se retrouvent souvent à l’église pour prier le chapelet. Dans les maisons, il y a beaucoup d’images de la Vierge, de saints et des papes. Les gens parlent facilement de leur foi. Ils ont une grande dévotion à Marie, beaucoup font des pèlerinages à Medugorje, à Lourdes, à Fatima, et dans tous les lieux mariaux. Ils prient aussi beaucoup les saints, se rendent dans les églises pour toucher leurs reliques et leurs statues. Je me suis rendue hier à la mairie faire des papiers : quelle n’est pas ma surprise en voyant dans chaque pièce une croix au dessus de chaque bureau !

De plus, beaucoup de personnes ici incarnent ce que je voulais être et donner en partant avec Points-Cœur. Ils se comportent avec moi comme j’aimerais savoir me comporter avec eux. Ils ont un grand sens de l’autre, de l’hospitalité et de l’accueil. Nous ne les dérangeons jamais et ils cherchent toujours à nous faire plaisir, avec grande simplicité, humilité et naturel. Ils font les petites choses avec beaucoup d’attention et d’amour. Ils nous veulent beaucoup de bien et nous remercient toujours d’être venus les voir, d’avoir dîné chez eux, de s’être arrêté cinq minutes dans la rue pour leur parler. Ils sont des grands maîtres de Vie !